Les moyens de contraception sans hormones


La pilule, aussi ​libératrice que détestée ? Vous faites plutôt ​partie de celles qui vantent les mérites de cette invention qui a donné le pouvoir aux femmes sur leurs corps, ou de celles pour qui elle s'apparente à une sorte de poison insidieux dont il faut à tout prix se passer ?

Les différents « scandales sanitaires » liés aux médicaments, et plus précisément aux pilules contraceptives, ont amené les femmes à une prise de recul sur leur mode de contraception et à une volonté de participer activement à leur prescription.

Vous l'avez compris, aujourd'hui on va parler de contraception sans hormones !

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Après plusieurs décennies euphoriques du « pilule pour toutes » - et on le comprend facilement après la lutte pour obtenir ce droit -, les effets secondaires très rares mais très graves de certaines pilules en association notamment avec le tabac ou d’autres facteurs de risque (antécédents familiaux par exemple), ou d’autres considérés comme moins graves mais pouvant être mal vécus au quotidien, font reculer la consommation des contraceptions hormonales.

pilule contraceptive

D’autres raisons, liées à l’évolution des consciences, nous poussent à nous poser des questions sur notre mode de vie et nos choix de santé.

De plus en plus de femmes souhaitent retrouver leur cycle naturel, les différentes phases d’évolution du corps au cours du mois, les côtés positifs (l’énergie et la libido de la phase d’ovulation) mais aussi négatifs (merci le syndrome prémenstruel…) !

La pollution de l’eau par les résidus de pilule et les potentiels effets en tant que perturbateurs endocriniens sur l’ensemble de la population font réfléchir à notre responsabilité sur la santé collective.

Alors oui, on peut se poser la question d’une contraception sans hormone, mais laquelle ???

Je vous propose un tour d’horizon de l’ensemble des moyens de contraception non hormonaux, à vous ensuite de choisir le plus adapté !

Avec bien sûr comme critère fondamental son efficacité !!

Quand on parle de contraception non hormonale, on pense bien évidemment en premier au dispositif intra utérin et a au préservatif mais ce ne sont pas les seuls !

1- Le dispositif intra-utérin

A​ussi appelé "stérilet" (terme que l’on évite à présent parce qu’il laisse entendre une baisse possible de la fertilité après son retrait, ce qui n’est pas la réalité - et puis ce n’est pas un mot très doux à l’oreille !), il en existe plusieurs types (hormonaux ou au cuivre) mais celui qui nous intéresse est celui contenant du cuivre (puisque les autres ne sont, par définition, pas "sans hormones"). 

Le principe existe depuis des siècles. On a retrouvé des dispositifs intra utérin dans l’Egypte ancienne, nous n’avons donc ​rien inventé !

egypte contraception

Ceux que l’on trouve actuellement ont la taille d’une allumette, sont en forme de T (mais beaucoup d’autres formes existent, selon la forme de l’utérus, sa taille, etc.) et contiennent une bobine de cuivre créant une inflammation locale qui épaissit la glaire cervicale (les pertes fluides et blanches au moment de l’ovulation) et empêche les spermatozoïdes de grimper dans la cavité de l’utérus.

Si l’un d’eux est très vaillant et qu’un œuf se forme, il ne peut pas s’accrocher et se développer dans l’utérus .

C’est un moyen très efficace (le plus efficace juste après la contraception définitive dont nous allons parler également), mais il existe quelques contre-indications à sa pose, à discuter avec votre praticien.

sterilet

Le cycle reste naturel, les règles sont régulières ou pas (selon votre fonctionnement personnel !) mais surtout plus longues (7 à 10 jours ) et plus douloureuses (surtout si on l’habitude des règles légères et prévisibles sous pilule).

On peut poser un dispositif intra-utérin chez la majorité des femmes, même celles qui n’ont jamais eu d’enfants (pendant longtemps, on a été très frileux pour proposer ce type de contraception avant une première grossesse, maintenant on sait qu’avec de bonnes précautions, on peut tout à fait faire ce choix).

La pose se fait pendant les règles (le geste est plus facile car le col de l’utérus est ouvert pour laisser le sang s’écouler) et reste un moment désagréable voire douloureux (on ressent de fortes contractions comme de grosses douleurs de règles) mais, si elle se fait dans la confiance et la bienveillance, elle est généralement bien tolérée.

​Le stérilet est efficace immédiatement et ne sera pas ressenti par votre amoureux !

Il peut être posé également dans le cadre de la contraception d’urgence (dans les 5 jours suivant le rapport sexuel) et est donc une bonne alternative à la « pilule du lendemain », hormonale.

Si on fait le choix du dispositif intra–utérin, il faut savoir que la pose est désagréable mais qu’il est efficace au moins 5 ans !

Ça vaut le coup pour 5 minutes de pose !


2- Le préservatif masculin

Seul moyen de protection contre les maladies sexuellement transmissibles (joie de la sexualité !), c’est aussi une contraception non hormonale.

En revanche, il doit être bien utilisé et systématique, et c’est vrai qu’il interrompt un peu la spontanéité du câlin…

preservatif masculin

Il implique complètement le partenaire dans la contraception mais n’est pas recommandé comme contraception efficace chez la femme jeune donc très fertile.

Depuis peu, une marque de préservatifs est remboursée partiellement par la CPAM sur prescription médicale.


3- Le préservatif féminin

Pas toujours très facile d’usage, pas très glamour (il se place dans le vagin mais ses bords sortent à l’extérieur, sur la vulve) ​il est considéré comme moyennement efficace (en cas d’utilisation parfaite et systématique, le taux de grossesse est estimé à 5%).

Il n’est pas remboursé par la CPAM et son coût est d’environ 1,70 euros l’unité (usage unique).

Il se trouve dans certaines pharmacies et sur le Net.

Il peut être aussi proposé en prévention des infections sexuellement transmissibles en cas de refus d’utilisation du préservatif masculin (toujours penser à sa santé, même dans les moments intenses !).


4- Les diaphragmes, capes cervicales, éponges, spermicides

C’est un ensemble de méthodes contraceptives peu efficaces et donc peu répandues en France, à réserver aux périodes peu fertiles c’est-à-dire autour de la ménopause et pendant un allaitement exclusif (nous parlerons de cette méthode un peu après).

Le diaphragme est partiellement remboursé par la CPAM (3,14 euros) et peut être utilisé plusieurs années (donc méthode vraiment peu coûteuse). Il doit être obligatoirement utilisé avec un gel spermicide et se place avant le rapport sexuel au fond du vagin (geste proche de la pose d’une coupe menstruelle).

La cape cervicale s’installe sur le col de l’utérus, obligatoirement avec du gel spermicide, elle peut rester en place 48h quelque soit le nombre de rapports mais il faut remettre du gel spermicide à chaque fois (ce serait trop simple sinon).

Les éponges cervicales, contiennent des spermicides, et se placent sur le col de l’utérus juste avant le rapport, d’utilisation unique donc assez onéreuses.

Le gel spermicide seul est facile d’utilisation mais coûteux (non remboursable). ​Il peut couler pendant le rapport, avantageux si la lubrification vaginale n’est pas parfaite mais…. pas très sexy ! Attention par ailleurs, certaines molécules du spermicide peuvent passer dans le lait maternel.


5- Le retrait (ou coït interrompu)

​C'est assez simple, n'allons pas par quatre chemins : l’homme se retire juste avant l’éjaculation.

courir homme

Cela nécessite donc une certaine « ​maîtrise » masculine … Certes, c’est gratuit, mais cela peut entraîner de la frustration et surtout, c’est une méthode peu efficace car des spermatozoïdes peuvent déjà arriver dans les quelques gouttes de liquide avant l’éjaculation.


6- Les méthodes naturelles de régulation de naissance

Alors là, j’imagine déjà votre expression : « ou la la, la méthode de la température et autre, ça ne fonctionne pas ! ».

Évidemment, il ne suffit pas de prendre sa température (qui s’élève légèrement au moment de l’ovulation ) ou de compter les jour... Cela aide bien à … avoir des enfants, et vous avez forcément dans votre entourage des bébés nés l’usage de ces méthodes.

Maintenant, des méthodes d’auto observation (Billings par exemple) des signes de fertilité (notamment la modification de la glaire cervicale) sont utilisables et efficaces mais à condition d’être très bien formés : il ne suffit pas de télécharger une application ou de lire vaguement des articles mais il faut suivre une vraie formation et ce, en couple, car cela implique des phases d’abstinence et il faut que les deux soient d’accord !!

Des sessions de formation sont organisées dans toute la France (notamment par le CLER), des moniteurs de la méthode Billings sont également répartis dans l’hexagone.

Et puis, il faut probablement plutôt voir cela comme une méthode d’espacement des naissances mais on ne peut pas la choisir en dehors d’une relation stable ou si une grossesse est absolument inenvisageable.

Elle permet en revanche d’être vraiment à l’écoute de son corps et établir un vrai dialogue dans son couple sur la contraception.

Cela peut sembler évident mais ce n’est pas souvent le cas !!

A noter aussi que ces méthodes d’observation des périodes fertiles du cycle sont utilisées avec efficacité pour les couples ayant des difficultés à concevoir, c’est la naprotechnologie.


7- La méthode d’aménorrhée lactationnelle (dite MAMA, un joyeux acronyme médical !!)

Elle peut être utilisé pendant la période de l’allaitement maternel.

Là aussi, vous connaissez probablement dans votre entourage un couple dont les enfants ont 12 mois d’écart parce qu’ils ont utilisé cette méthode .

lactation bebe

Pourtant, c’est une méthode efficace mais rigoureuse.

L’enfant doit avoir moins de 6 mois, téter encore toutes les 4 heures la journée et toutes les 6 heures la nuit, ne JAMAIS avoir remplacé une tétée par un biberon (ou alors avoir tiré son lait à la place pour maintenir la production d’hormones de l’allaitement) et ne pas avoir eu son retour de couches (premières règles après la naissance).

Si ces conditions sont respectées, la possibilité de grossesse est de 2%.


8- La contraception définitive

Féminine ou masculine, elle est encore peu pratiquée en France, parce que peut-être peu proposée.

Elle est souvent envisagée après avoir eu le nombre d’enfants souhaité ou parce qu’aucune autre méthode n’est possible.

La contraception définitive féminine ne sera effectuée que pour des femmes proche de la quarantaine, à distance d’un accouchement et après au moins 4 mois de réflexion.

Elle s’effectue au bloc opératoire, en ambulatoire, sous anesthésie locale ou générale, le chirurgien pose des clips sur les trompes ou les coagule par la chaleur pour empêcher le passage de l’ovule.

contraception definitive

La contraception définitive masculine (ou vasectomie) permet à l’homme de maîtriser la contraception et d’être certain de son efficacité. Elle sera également pratiquée après un temps de réflexion de 4 mois minimum.

Sous anesthésie locale, en ambulatoire, le chirurgien ferme les canaux libérant les spermatozoïdes. Rassurez-vous, cela ne change rien à la qualité de l’érection ni aux sensations lors de l’éjaculation !

Quel que soit son choix, il est surtout indispensable d’en parler avec votre consultant : bien sûr, un gynécologue, ​un médecin traitant mais aussi une sage-femme qui peut prescrire tous les moyens de contraception.

L’essentiel est de trouver quelqu’un de confiance, disponible et avec lesquels toutes les questions peuvent être abordées.

Prenez le temps de la réflexion, aucun (sauf un !) choix n’est définitif !

Des questions sur le sujet ? Envie de partager vos idées sur la contraception naturelle ? N'hésitez-pas à discuter avec nous dans les commentaires !

Marion Olivero
 

Marion est une sage femme diplômée depuis 14 ans. Elle est notamment spécialisée en contraception, en hypnose médicale, et eutonie périnéale .

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